Cérémonie Vodun à Ouidah

Magazine · Réflexion · Ouidah, Bénin

Ma perception
du Vodun.

Le Vodun, pour moi, ce n'est pas une religion. C'est l'énergie qui fait vibrer toute chose. Voici ma perception, telle que je la porte depuis toujours.

Bertian Hounon

Par Bertian Hounon · ONG Wa Afriki

On me demande souvent ce qu'est vraiment le Vodun. La réponse qu'on entend le plus, c'est qu'il s'agit d'une religion, ou d'une part de notre patrimoine culturel. Je respecte ces mots. Mais ce n'est pas exactement ce que je vois, moi, quand je regarde le Vodun.

Voici ma perception, celle que je porte depuis toujours, et que je veux transmettre telle qu'elle est.

Le Vodun, pour moi, c'est l'énergie

Je ne définis pas le Vodun comme une croyance qu'on choisit ou qu'on rejette. Pour moi, c'est à la fois plus simple et plus grand que ça : le Vodun, c'est l'énergie. C'est ce qui vibre dans toute matière vivante.

Un arbre qui pousse, un cœur qui bat, une plante qui respire : dans chacun de ces mouvements, il y a un courant. Ce courant qui fait qu'une chose est vivante, et pas simplement présente, c'est ce que nos ancêtres ont nommé Vodun. Ce n'est donc pas quelque chose que l'homme a inventé. C'est un nom qu'on a donné à quelque chose qui existait déjà.

Danse rituelle Vodun à Ouidah
Ouidah, Bénin. La vie qui vibre, en mouvement.

La leçon de l'arbre

Prenez un arbre. Vous le voyez comme une seule vie. Mais si vous regardez de plus près, l'écorce a son rôle, la feuille a le sien, la racine a le sien. Chacune de ces parties est, à sa manière, une petite vie à l'intérieur de la grande vie de l'arbre.

C'est exactement ainsi que je comprends l'homme : nous portons en nous plusieurs parcelles de vie, chacune avec sa force propre. Nous ne sommes jamais seuls en nous-mêmes. Nous sommes un ensemble.

Quatre éléments, une seule vie

Pour qu'il y ait vie, visible ou invisible, il faut que l'Eau, l'Air, la Terre et le Feu soient réunis. Aucun des quatre ne suffit seul. C'est leur équilibre qui fait qu'une chose vibre, respire, tient debout.

À Ouidah, où la mer est partout dans notre quotidien, l'Eau et le Feu du soleil marquent profondément notre manière de vivre le Vodun. Ailleurs, cet équilibre se compose différemment. Le fond reste le même partout : les quatre éléments. Ce qui change, c'est la manière dont ils se manifestent selon l'endroit où l'on se trouve.

Cauris tenus dans les mains, tradition Vodun
Les cauris. Ce que la tradition tient encore aujourd'hui.

Où je place le Vodun : religion, métaphysique, spiritualité

On me demande souvent où situer le Vodun par rapport à ces mots.

La religion, telle qu'on l'entend généralement, repose sur des textes, des dogmes, une croyance qu'on adopte. Le Vodun, pour moi, ne dépend pas de la croyance : que l'on y pense ou non, l'arbre pousse et la vie vibre.

La métaphysique est un exercice de réflexion, une manière de penser l'existence à distance, par le raisonnement. Le Vodun, tel que je le vis, n'est pas une réflexion sur la vie. C'est une manière d'être en lien direct avec elle.

La spiritualité est le mot qui s'approche le plus, pour moi, de ce qu'est le Vodun : la capacité de l'être humain à se comprendre lui-même en restant connecté au monde visible et au monde invisible.

Ce sont mes propres repères. Je ne prétends pas qu'ils s'imposent à tout le monde. Je les partage parce qu'ils sont sincèrement ce que je porte.

En clôture

Voilà ma perception du Vodun, celle que je voulais poser en premier, avant tout le reste. Ce n'est pas une leçon que je donne. C'est une manière de voir que je transmets, avec le respect qu'elle mérite.

Bertian Hounon

Bertian Hounon

Petit-fils de Dada Daagbo Hounon Houna 1er, Pontife Suprême Vodun. Fondateur de l'ONG Wa Afriki et de Wa LaB. Ouidah, Bénin.

Vivre cette perception, pas seulement la lire.

After Vodundays vous emmène à Ouidah pour rencontrer ce que ces mots décrivent, avec les gardiens de tradition qui le portent chaque jour.

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