



Découvrir · Le Patriarche Daagbo Hounon Houna Ier · Ouidah, Bénin
Le Patriarche Daagbo Hounon Houna Ier, Chef Suprême des Vodoun-non de 1975 à 2004. Gardien de la Forêt Sacrée. Gardien du Temple des Pythons. Gardien de l'esprit qui a survécu à l'Atlantique.
"Nous sommes les gardiens de la mémoire immatérielle. La Route de l'Esclave ne commence pas par la souffrance, elle commence par l'esprit qui a survécu à l'Atlantique."
DAAGBO HOUNON HOUNA · Déclaration UNESCO · Ouidah, 1994
La Charge
Chef Suprême des Vodoun-non · 1975 – 2004
La racine pivot de la mémoire transatlantique. Le souverain légendaire qui a bravé les révolutions, dialogué avec les plus grands leaders de la planète et scellé à jamais la légitimité du Vodun sur la scène internationale.
La première mention coloniale de cette lignée remonte au 1er décembre 1917, Rapport Reynier, Archives Nationales du Bénin, référence ANB 1E14. La désignation officielle : "Yovogan Hounnon Dagba". La France coloniale reconnaissait ce qu'elle ne pouvait pas effacer.
Ce n'est pas un titre religieux au sens occidental. Ce n'est pas une dignité politique au sens moderne. C'est une responsabilité cosmique, celle de maintenir le lien entre les vivants, les ancêtres, les forces de la nature, et les millions de descendants dispersés sur quatre continents.
Deux titres se recoupent souvent, sans se confondre. Dada désigne un roi, un souverain à la tête d'un royaume. Daagbo désigne le chef d'un culte spirituel, représentant des ancêtres. Cette charge peut aussi, selon les familles, se confondre avec celle de chef de famille. D'une lignée à l'autre, les deux fonctions ne se recouvrent pas toujours de la même manière.


L'Origine du Nom
Comprendre la portée de cette lignée exige de décoder la science vibratoire de ce nom sacré, issu de la langue originelle. Hou désigne l'océan, et incarne surtout le verbe créateur. Nan est l'abrégé de Minon Nan, la Reine Mère, puissance matricielle féminine, génitrice des divinités. Dans son sens littéral, Nan signifie aussi le don divin.
Hounan est le nom de règne d'un être à part entière, un dirigeant dont la bravoure inébranlable et le sacrifice au nom de la paix universelle imposent le respect, et dictent à sa descendance le devoir sacré de l'immortaliser.
La Parcelle d'Histoire
Né au cœur de la tradition impériale de Ouidah, au carrefour des lignées Houéda (Xwéda) et Houla (Xwla), le jeune prince se distingue d'abord par une vitalité débordante. Sportif d'exception, gardien de but remarqué de tout le public, il fut aussi toute sa vie un artiste, compositeur et interprète, à l'aise aussi bien dans les cercles ésotériques que dans les rythmes populaires.
Comme chaque citoyen, il apprend un métier : la maçonnerie. Engagé par la municipalité, sa rigueur et sa jovialité légendaire le font vite repérer sur les grands chantiers.
Le prélude à son ascension spirituelle commence lorsqu'il est désigné AKOGAN, chef suprême de la collectivité, pour succéder à son père, Houndohome Djivo Agbessi Adetelou Gbinvlame Zingui-Gui. Malgré ses responsabilités dans l'administration puis dans le syndicalisme, il ne transige jamais avec ses obligations initiatiques.
Le 22 janvier 1975, au lendemain du décès de son prédécesseur Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon, il monte sur le trône multiséculaire sous le nom de Daagbo Hounon Houna Ier, Chef Suprême des Vodoun-non. Son règne s'ouvre dans un contexte d'une hostilité extrême : la révolution marxiste-léniniste, déterminée à étouffer les traditions endogènes. Face à cette tempête, sa gouvernance va se révéler d'une audace historique.


L'Exploit
La "montée en Mer" est le cérémonial le plus puissant et le plus rare de la tradition Dagbo Hounon. Un rituel de communion totale avec les forces de l'océan, les mêmes forces qui ont accompagné, dans l'autre sens, les millions d'hommes et de femmes embarqués depuis cette côte. La tradition stipule qu'un chef ne peut l'accomplir qu'à trois reprises au cours de son règne.
1975
Montée
1979
Montée
1983
Montée
1988
Montée
Ces quatre montées en Mer ont été accomplies dans un contexte de révolution marxiste-léniniste au Bénin, un régime qui combattait activement les expressions traditionnelles. DAAGBO HOUNON HOUNA les a réalisées quand même. Ce que cela dit de l'homme dépasse toute biographie.
Diplomatie Mondiale
Pape. Dalai Lama. UNESCO. PBS. Chefs de la diaspora des quatre continents. Pas parce qu'on l'y a invité. Parce que Ouidah est la source, et qu'on revient toujours à la source.
1988
Salvador de Bahia · Brésil
Inauguration de la Maison du Bénin à Bahia aux côtés du Roi de Kétou, Adétutu. Première grande reconnexion formelle entre le Vodun de Ouidah et la diaspora brésilienne, les descendants des Agudás, revenus d'Amérique avec la tradition intacte.
1993
Cotonou · Vatican, Jean-Paul II
Rencontre avec le Pape Jean-Paul II à Cotonou. Face au chef de l'Église catholique mondiale, DAAGBO HOUNON HOUNA définit le Vodun en ces termes : "Le Vodun est le respect de la nature et de la création de Dieu." Une définition qui a traversé les frontières.
1993
Ouidah · Festival Ouidah 92
Plus de 500 délégués venus des Amériques, d'Asie, des Caraïbes. Reconnaissance officielle du Vodun comme religion à part entière au Bénin. DAAGBO HOUNON HOUNA est consacré Chef Mondial par les communautés réunies à Ouidah.
1994
Ouidah · UNESCO, Route de l'Esclave
Signature de la déclaration fondatrice de la Route de l'Esclave sous l'égide de l'UNESCO. Sa phrase fondatrice : "Nous sommes les gardiens de la mémoire immatérielle. La Route ne commence pas par la souffrance, elle commence par l'esprit qui a survécu à l'Atlantique."
1999
Ouidah · PBS, Henry Louis Gates Jr.
Interview historique diffusée aux États-Unis. À la question sur le rôle des rois africains dans la traite : "Ce n'était pas un choix, c'était une tragédie partagée. Nous avons vendu des corps, mais nos ancêtres ont gardé les âmes. Aujourd'hui, je rappelle ces âmes à la maison."
S.D.
Rencontre avec Sa Sainteté le Dalai Lama
La rencontre entre le Chef Suprême Vodun et le chef spirituel du bouddhisme tibétain, deux traditions millénaires, deux gardiens de l'invisible, face à face. Un dialogue entre les deux grandes spiritualités non-abrahamiques du monde.
Sa Parole
"Ce n'était pas un choix, c'était une tragédie partagée. Nous avons vendu des corps, mais nos ancêtres ont gardé les âmes. Aujourd'hui, je rappelle ces âmes à la maison."
PBS · Henry Louis Gates Jr. · 1999
"Le Vodun est le respect de la nature et de la création de Dieu."
Rencontre avec le Pape Jean-Paul II · Cotonou, 1993
"Le sang n'est pas la mort. Le sang est la force de vie. Sans sacrifice, il n'y a pas d'échange avec le divin."
A&E, The Unexplained · 1998
"Nous sommes les gardiens de la mémoire immatérielle. La Route de l'Esclave ne commence pas ici par la souffrance, mais par l'esprit qui a survécu à l'Atlantique."
Déclaration UNESCO · Ouidah, septembre 1994

La Transmission
Il n'est plus physiquement parmi nous aujourd'hui, mais il n'a plus besoin de parler. Ses actes parlent et parleront à sa place pour l'éternité. Chaque vague de l'océan à Ouidah, chaque pas sur la Route de l'Esclave, chaque autel honoré dans les Amériques sont les échos vivants de son passage sur Terre. Il a gravé son nom dans le marbre de l'invisible.
Les grandes œuvres ne s'héritent pas uniquement dans les livres, elles se portent dans les veines. C'est pour donner corps à cette vision et immortaliser cet héritage que l'ONG Wa Afriki a été créée par sa descendance directe. Sa mission sacrée est de faire vivre, transmettre et amplifier ce patrimoine de cinq siècles de souveraineté.
After Vodundays est l'expression concrète de l'action de l'ONG Wa Afriki. Si nos programmes donnent un accès exclusif à des lieux sacrés, des rituels et des têtes-à-tête avec les Chefs Suprêmes actuels, c'est parce que les portes s'ouvrent au nom du Patriarche. C'est le réseau de la confiance légitime, porté par ceux qui gardent le sang et la mémoire.
Qui est DAAGBO HOUNON ?
DAAGBO HOUNON est le titre du Chef Suprême du Vodun, la plus haute autorité spirituelle de la tradition africaine. La charge remonte au XVe siècle à Ouidah. Le titre lui-même dit tout : Hou désigne l'océan et Non la Mère, ce qui fait Mère de la Mer, Garant de la mer. Dagbo désigne le prêtre-chef. Les gardiens de l'océan. Les gardiens de la côte. Les gardiens de ce qui a survécu à l'Atlantique.
Qu'est-ce que la 'montée en Mer' ?
La 'montée en Mer' est un cérémonial d'une puissance et d'une rareté exceptionnelles, la tradition ne permet de l'accomplir que trois fois au cours d'un règne. DAAGBO HOUNON HOUNA l'a accompli quatre fois : 1975, 1979, 1983, 1988. Un exploit unique dans l'histoire de la lignée, accompli dans un contexte de révolution marxiste hostile à toute expression traditionnelle.
Qu'est-ce que le festival Ouidah 92 ?
Ouidah 92 s'est tenu du 8 au 18 février 1993, le premier grand rassemblement mondial du Vodun. Plus de 500 délégués venus du Brésil, d'Haïti, des États-Unis, du Japon, des Caraïbes. C'est lors de ce festival que le Vodun a été officiellement reconnu comme religion à part entière au Bénin, et que DAAGBO HOUNON HOUNA a été consacré Chef Suprême Mondial par les communautés de la diaspora réunies à Ouidah.
Peut-on rencontrer les Chefs Suprêmes dans le cadre d'After Vodundays ?
C'est précisément ce que les programmes After Vodundays organisent, et ce qu'aucune agence de voyage ordinaire ne peut proposer. L'ONG Wa Afriki, fondée par le Prince Royal Bertian, héritier de cette lignée, organise des audiences et des moments de communion avec les gardiens de la tradition. Ce n'est pas une visite. C'est une reconnexion.
Quelle est la relation entre DAAGBO HOUNON et la Route de l'Esclave ?
En septembre 1994, DAAGBO HOUNON HOUNA a signé la déclaration fondatrice de la 'Route de l'Esclave' sous l'égide de l'UNESCO à Ouidah. Sa vision sur le sens de cette route a fondé tout ce qui a suivi : 'La Route de l'Esclave ne commence pas par la souffrance. Elle commence par l'esprit qui a survécu à l'Atlantique.' Cette phrase a changé le regard du monde sur Ouidah.
Les programmes After Vodundays sont organisés sous l'égide directe de la lignée Dagbo Hounon. Ce que vous vivrez ici ne ressemble à rien d'autre. Parce que rien d'autre n'existe au monde.