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Glossaire du Vodun

Trente-neuf termes, tels qu'ils se disent à Ouidah. Un visiteur qui connaît dix de ces mots comprend une cérémonie. Un visiteur qui n'en connaît aucun regarde des gens danser.

Ce que ce glossaire ne fait pas

Il n'invente aucune définition. Une dizaine de termes relevés dans nos propres dossiers en sont volontairement absents, faute d'une définition que nous puissions établir avec certitude. Un glossaire qui comble ses trous perd exactement l'autorité qu'il prétend construire.

39 termes

La langue et les noms

Vodun
La graphie juste. Vodun, jamais Vodoun ni Voodoo : ces deux dernières formes viennent de transcriptions coloniales et du cinéma américain, et elles portent tout ce qu'on a voulu faire dire à ce mot. Seule exception admise, le Vodou haïtien, qui a sa propre orthographe et sa propre histoire. Lire la fiche
Fongbé
La langue fon, parlée dans le sud du Bénin. C'est la langue des cérémonies, des chants et des noms de cette page. Une traduction en fongbé est systématiquement prévue dans les événements de l'ONG, pour que les autorités traditionnelles et le public local participent pleinement.
Gléxwé
Le nom d'origine de Ouidah, fondée vers le seizième siècle. Ville à vocation cultuelle et culturelle, berceau du Vodun, dont le nom actuel est une déformation portugaise puis française. Lire la fiche
Kemet
La terre noire : le nom que l'Égypte antique se donnait à elle-même. C'est la continuité de son calendrier civil, recalibrée sur le lever héliaque de Sirius, qui fonde le comput africain du temps et l'année 6263. Lire la fiche

Les titres et les charges

Hounon
Mère de la mer. Le titre revient à celui qui est parvenu à dompter la mer, et il désigne le plus haut dignitaire de l'univers du Vodun. Le premier Hounon fut Adetelou Gbinvlamin Agbessi Houndohome, parti en mer et jamais revenu : c'est à lui que le 10 janvier rendait hommage avant de devenir une fête nationale. Lire la fiche
Bokonon
Le devin du Fa. C'est lui qui consulte l'oracle et annonce le signe du jour. Rien de sérieux ne s'engage dans une journée rituelle avant cette annonce. Lire la fiche
Zangbetonon
Le chef des Zangbeto. Il encadre les sorties, décide de ce qui se montre et de ce qui ne se montre pas, et répond de ce qui se passe pendant la sortie. Lire la fiche
Zossoungbo
Le chef de la terre à Ouidah. C'est lui qui, voyant l'état et l'aura du premier Hounon arrivé à Sogbadji, lui fit accorder par Dehoue Aglametoka une place à Houxwe. Il demeure chef de la terre, et son palais royal figure parmi les hauts patronages de l'ONG.
FRABO
Fraternité des Bokonons, Babalawos et Olouwos, enregistrée sous le n°030/MISP. L'organisation qui réunit les détenteurs de l'art divinatoire au Bénin, et l'un des garants des contenus spirituels de ce site. Lire la fiche
Mariwo
La frange de palme, et par extension ceux qui la portent pour tenir la foule à distance pendant les sorties d'Égoungoun. Ce n'est pas un service d'ordre décoratif : le contact avec un Égoungoun en sortie est proscrit. Lire la fiche

Les divinités

Fa
L'oracle et l'art divinatoire. Le Fa dit ce que la journée, l'année ou une décision demandent. Il a plusieurs fois révélé la nécessité de porter des offrandes à la mer pour ceux qui y sont tombés et pour ceux de l'autre côté. Lire la fiche
Dangbé
Le python royal, Vodun de l'alliance et de la continuité de la vie. Il ne plie pas le fer par la force : il embrasse la vie pour qu'elle dure. Sa puissance est dans l'alliance, jamais dans l'effroi. Sa demeure est Dangbéxwé, le Temple des Pythons. Lire la fiche
Dan
Le serpent, associé à l'air et à l'arc-en-ciel dans la lecture des quatre éléments primordiaux. À Ouidah, Dan est honoré au Temple des Pythons et, dans son versant aquatique, sur le littoral aux côtés de Mami Wata. Lire la fiche
Agbe
La divinité tutélaire de la lignée Hounon, décrite comme une miniature de la mer. Ceux qui connaissent vraiment cette famille savent que son tempérament n'est jamais loin de ce qu'on prêterait à l'océan. Lire la fiche
Mami Wata
Les divinités des eaux. Fécondité, prospérité, et le lien avec ce que l'océan a emporté. Les adeptes, en blanc, déposent dans les vagues des offrandes douces : parfums, fleurs, fruits, liqueurs sucrées. Lire la fiche
Sakpata
Souverain de la terre, associé à la guérison et à la régénération. Ses adeptes portent l'argile. Son culte touche à ce que la terre donne comme à ce qu'elle reprend. Lire la fiche
Hèviosso
La divinité du feu et du tonnerre, l'un des quatre éléments primordiaux exposés pendant Immersion Vodun. Lire la fiche
Tohossou
La divinité de l'eau, l'un des quatre éléments primordiaux. Elle ouvre la série des quatre exposés qui structurent la quatrième journée d'Immersion Vodun. Lire la fiche
Legba
Le gardien des carrefours, celui qui ouvre ou ferme les chemins. Rien ne passe sans lui. Tolegba en est la forme installée à l'entrée des concessions et des quartiers.
Gou
La divinité du fer, des outils et de tout ce qui tranche. Elle est honorée sur le parcours des offrandes du premier jour de l'année Vodun. Lire la fiche
Kokou
Le Vodun guerrier. Ses sorties comptent parmi les plus intenses de la semaine des Vodun Days. Ce qu'un œil extérieur prend pour de la violence est une démonstration de force protectrice, et elle est tenue par ceux dont c'est la charge. Lire la fiche
Hunvè
Les divinités de la forêt. Sous l'iroko de Kpassèzoun, c'est la part du culte qui touche aux plantes, à la médecine traditionnelle et à ce que le végétal sait. Lire la fiche
Zomandonou
Le Vodun attaché aux lignées princières, célébré place Ninssouxwé pendant les Vodun Days. Rythmes d'apparat, chants de louange dynastiques, libations réservées aux maisons royales. Lire la fiche
Ninssouxwé
Les esprits des ancêtres des lignées princières. La place qui porte leur nom accueille la face la moins spectaculaire des Vodun Days, et la plus protocolaire. Lire la fiche
Mawu Lissa
Le principe créateur, honoré au temple Mawuxwê. Une journée entière d'Immersion Vodun lui est consacrée, conjointement à Mami-Dan. Lire la fiche

Les sorties et les masques

Zangbeto
Les gardiens de la nuit. C'est la police coutumière, celle qui veillait sur l'ordre des quartiers bien avant toute administration. Quand un cône de paille tourne sur lui-même, il ne fait pas un tour de magie : il rappelle qui garde la cité. Lire la fiche
Égoungoun
Les ancêtres revenus. Vêtus de tissus superposés qui ne laissent voir aucune parcelle de chair, ils ne représentent pas les morts : pour ceux qui les reçoivent, ils sont leur venue. Ils sortent place Maro, dans un quartier fondé par des affranchis revenus du Brésil. Lire la fiche
Guèlèdè
Le masque et la danse d'origine yoruba-nago, inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Il figure au programme de la cinquième journée d'Immersion Vodun. Lire la fiche
Dawetin
La danse équilibriste sur bambous géants. Les mâts sont fichés dans le sable, ce qui explique que l'Arène de Ouidah ait une piste de sable plutôt qu'un sol dur : on y danse à quatorze mètres du sol. Lire la fiche

Les actes rituels

Nu xu xu
L'offrande. Elle ouvre la relation avec la divinité avant toute parole. Dans une journée rituelle, elle précède l'exposé et la démonstration : on donne d'abord, on explique ensuite, on montre en dernier. Lire la fiche
Ahandoxo
La veillée. Elle se tient le soir, au couvent ou au temple, et prolonge la journée dans un registre plus intime. Toutes les veillées ne sont pas ouvertes, et celles qui le sont demandent une tenue et un silence particuliers. Lire la fiche
Ayissun
La veillée propre au culte Égoungoun, tenue au couvent la nuit précédant leur journée. Lire la fiche
Xwetanou
La période annuelle pendant laquelle les filles et fils du premier Hounon allaient porter ses offrandes à celui que la mer n'avait pas rendu. C'est de là que vient tout le reste. Lire la fiche
Xwénuxo
Les contes. Une veillée entière du projet Nouvel An Africain leur est dédiée, au clair de la lune : récits stellaires, légendes des lignées, transmission de la mémoire du ciel. Lire la fiche

Les lieux

Dangbéxwé
La demeure de Dangbé, autrement dit le Temple des Pythons, rue Monseigneur Dartois, face à la Basilique. Le sanctuaire du peuple Xwéda, resté debout quand leur royaume est tombé. Lire la fiche
Kpassèzoun
Le bois sacré de Kpassè. Zoun désigne le bosquet sacré : littéralement, la forêt de Kpassè. La tradition dit que le patriarche fondateur de la cité ne mourut pas mais s'y métamorphosa en iroko. Lire la fiche
Xwéda
Le peuple autochtone de cette côte, présent avant que Ouidah ne devienne un port et avant qu'Abomey n'étende son royaume jusqu'à la mer. Sa capitale Savi tomba en 1727 ; ce qui resta debout, ce fut Dangbé. Lire la fiche
Agouda
Les affranchis revenus du Brésil au dix-neuvième siècle, et leurs descendants. Ils ont donné à Ouidah son architecture afro-brésilienne, ses noms de famille portugais et le quartier Maro. Lire la fiche
Zomaï
Littéralement, le feu ne va pas là. Le nom de l'enclos où les captifs étaient maintenus dans l'obscurité avant l'embarquement, pour rompre leurs repères. Lire la fiche

Établi et relu

Vocabulaire établi à Ouidah par Hounon Agbessi Avlessi W. Bertian et l'équipe After Vodundays, au fil des fiches de lieux et auprès des collectivités qui détiennent chaque culte.

Relu et validé par Dah Dohinnon Aguessy, FRABO, garant de la tradition, Ouidah. Vérifié le 29 juillet 2026.

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